238 – jeux d’enfants, suite

Mercredi 6 juillet

Tandis que des enfants tapaient dans un ballon, assise au bord du terrain je relevais sans en avoir l’air trois phrases de Chester Himes.

1) Pour l’image, éminemment plaisante : « De temps en temps une ligne, une phrase l’écorchaient au passage comme les ronces s’accrochent aux vêtements dans un bosquet. »

2) « Le soleil brillait sur Harlem et se glissait dans l’interstice des rideaux. » Le mouvement, allant une fois de plus du large ciel vers le détail infime, a quelque chose d’émouvant. Il faudrait dire : est d’une efficacité redoutable. À reprendre d’une manière ou d’une autre pour l’évocation du soleil naissant dans la chambre d’Élodie.


3) « Il s’imaginait que ce régime de gin, œuf, lait et chocolat augmentait sa puissance virile, mais il ne savait pas à quoi lui servait cette puissance. » La phrase je crois se passe de commentaire. Sa chute, surtout. Je n’ai pas pu aller très loin encore dans la lecture de Fin d’un primitif, mais j’ai l’impression que l’auteur (que je découvre) a beaucoup d’humour. Un humour presque en creux, pince sans rire. Et à la fin, je le pressens déjà, ravageur.

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