62 – eurêka (notes7)

Vendredi 18 juin

« Il n’y avait toujours pas de divorce et l’on était loin de s’attendre à le voir un jour réapparaître, à l’époque où Eduardo Muriel et sa femme se marièrent, une vingtaine d’années avant que je ne m’immisce dans leur vie ou plutôt qu’ils ne traversent la mienne [..] » (Javier Marías, Si rude soit le début)

Suite du billet précédent.

Il suffisait donc que je m’ôte de la tête que le narrateur, la narratrice en l’occurrence, serait celle qui confie ce qui leur est arrivé à elle, à son mari et à d’autres, et en faire un simple intermédiaire par lequel le récit du passé (récit B) pourrait se faire jour.

Dans cette perspective, la trame de A me semble à présent bien plus ouverte. Il devient plus facile d’imaginer différentes occasions de faire se déployer des discours de natures diverses : ainsi mon narrateur (ou pourquoi pas ma narratrice, mais alors ce serait bien un autre personnage féminin que celui, techniquement et jargonneusement intradiégétique à B et à A, auquel je pensais au départ) peut-il devenir un interlocuteur, occasionnel ou régulier, des protagonistes (le mari, la femme, les deux, des proches) ; mais aussi le témoin de discussions auxquelles il ne prend pas part ; ou encore, s’il se trouve plus franchement engagé dans la recherche de la vérité, peut-il interroger, obtenir des indices et parfois même, des réponses. En choisissant un narrateur qui ne sait rien de B quand A commence, un personnage qui doit mener une enquête pour savoir ce qu’il en fut, j’évite le narrateur bavard, j’échappe à la fatalité du monologue et à ses avatars, un monde s’ouvre, je respire.

61 – notes6

Mercredi 16 juin

Avalé Molécules de François Bégaudeau ce week-end. Passer directement de Comme les amours, avec ses phrases aussi lancinantes que des limons brassés par la mer, à cette écriture tranchante, presque rêche, qui ne veut s’étendre sur rien (dont la règle semble d’éviter à tout prix l’épanchement), n’a pas été évident. C’était un peu comme plonger dans un bain glacé après avoir passé plusieurs heures sous la canicule. Et puis au bout de quelques dizaines de pages, le corps s’est habitué.

J’ignore si c’est l’accumulation des lectures qui finit par m’embrouiller l’esprit mais depuis, le plan que j’avais élaboré s’est presque évanoui. Je ne parviens pas à trouver la manière optimale de raconter l’histoire pourtant très claire que j’ai en tête. Qu’à cela ne tienne, on va reprendre les choses tranquillement.

Je repars donc des derniers textes lus, qui sont tous des récits de suicides ou de meurtres (je veux raconter une histoire de meurtres, des meurtres qui n’en sont pas mais qu’il faut aborder comme tels – c’est là son enjeu principal).

La facture de Molécules est assez proche de De sang froid : Molécules : Meurtre – enquête – arrestation – procès puis vengeance et délivrance (relative) du meurtrier

De sang froid : vie paisible et meurtre (uniquement la description des corps) – enquête / périple de meurtriers – arrestation – procès puis attente en prison et pendaison des meurtriers (délivrance ?)

Dans les deux cas c’est le procès qui permet de revenir en détail sur ce qui s’est passé au moment du meurtre (+ les éléments antérieurs qui ont abouti à ce meurtre).

Romans de Marías : Récit de la vie du narrateur au cours duquel sont relatés des événements antérieurs. Le récit est toujours déclenché par un événement inattendu, et il faut remonter le cours du temps pour parvenir à l’événement premier, plus inattendu encore, qui est cause de tout ce qui a suivi.

Article 353 du code pénal : Le récit s’ouvre sur un meurtre commis par le narrateur. Il raconte au juge d’instruction depuis le début la succession des événements jusqu’au meurtre. Il s’agit d’une conversation. Il ne se passe pas d’événement majeur dans ce temps de dialogue, sauf à la fin avec le retournement de situation provoqué par la décision du juge.

Toutes ces fictions exposent deux temporalités : le temps (principal) de la narration (récit A) et un temps antérieur et objet d’une énigme (récit B). B avance alors par à-coups au fil de l’avancée de A, et finit par le rejoindre.

Deux possibilités apparaissent ensuite :


OU l’histoire (A) s’arrête là, une fois que tout le passé (B) a été restitué (Art. 353…, Un coeur si blanc, Pense
à moi dans la bataille, Thésée sa vie nouvelle)
OU A se poursuit une fois le passé (B) élucidé (Comme les amours, Molécules, De sang froid)

Synthèse :

Autre élément essentiel et commun à ces romans (excepté De sang froid, dont le narrateur est omniscient) : tous les événements avant A, autrement dit toutes les composantes de B, sont racontés via du discours, c’est-à-dire par une parole rapportée, celle d’un ou de plusieurs personnages (témoins, procès, dialogue des meurtriers, etc).

C’est la question de cette parole qui révèle qui pose question pour mon texte. Quelle doit être la situation d’énonciation ? J’avais pensé à une narratrice s’adressant à son mari (puisque c’est un drame familial), mais le mari a forcément connaissance de nombreux éléments. Or, je voudrais éviter d’écrire des phrases du style « tu sais bien… comme tu le sais…tu te souviens que… » pour informer le lecteur de ce que l’interlocuteur sait déjà (dans Art. 353… le juge d’instruction ne sait rien, l’auteur peut se permettre de faire tout dire au narrateur, ces lourdeurs sont absentes).

Plus généralement, le fait qu’un seul personnage raconte tout à un autre ne me plaît pas trop : c’est l’unique point sérieux de critique que j’aurais à émettre concernant les récits de Marías. Soudain, un personnage veut tout déballer. Ce n’est pas idéal (l’auteur y échappe cependant dans Un coeur si blanc en faisant intervenir deux locuteurs à différentes occasions, ils relateront des éléments de B au narrateur qui pourra ainsi reconstituer le puzzle). Je trouve plus subtile et mieux amenée la multiplication des sources du discours telle que pratiquée dans Molécules.

Mais comme mon histoire n’est pas vraiment un meurtre, il n’y aura pas d’enquête ni de procès qui obligeront qui que ce soit à déployer une parole. C’est cela que je dois débloquer, cela que je dois trouver : une situation, ou plus probablement des situations qui amène(nt) la parole, par exemple de la narratrice, à se délier.

60

Dimanche 13 juin

Avec Haute couture, la réalisatrice Jocelyn Moorhouse réactive le motif de l’héroïne maltraitée par toute une communauté, tel que je l’avais découvert dans Dogville il y a maintenant quelques années. À ceci près qu’à l’extrême économie de moyens visuels et la froideur qui caractérisent le film de Lars von Trier s’opposent ici l’effusion de couleurs et l’agitation des personnages. Ce n’est pas ce qu’a priori j’y ai préféré. Et pourtant, le traitement de l’histoire de cette jeune femme éloignée du village lorsqu’elle était enfant et qui revient s’occuper de sa mère après avoir réussi une carrière dans la haute couture a quelque chose de très intéressant. Il laisse tout le temps miroiter à tort une issue favorable. On se croit d’abord dans un conte pour enfants où les malheurs adviendraient pour n’être que temporaires. Les rapports avec certains villageois s’améliorent un temps, des amitiés et des amours peuvent surgir : allez on y croit, Tilly l’héroïne a une belle énergie, du genre à accomplir des miracles, bref tout va bien se passer. Et puis finalement non. Les bonheurs s’avéreront tous de courte durée. Ils sont toujours déçus et la situation condamnée à devenir plus sinistre encore (Tilly se dit maudite et en effet elle doit l’être). Il faut arriver à la dernière minute du film pour conclure que cette histoire ponctuée de mini-gags, de scènes cocasses et bariolées où apparaissent d’excentriques personnages n’avait rien de drôle ; que personne ne se mariera ni n’aura d’enfants et que d’ailleurs c’est sans doute mieux ainsi. Même, au regard de la souffrance infligée à Tilly et ses proches pendant plus de deux heures, la vengeance finale paraît bien peu jouissive. En devenant déceptif de bout en bout, ce film dont la jovialité forcée me laissait au départ dubitative s’est transformé en une forme plus profonde et plus enthousiasmante que je ne l’aurais cru. Le film tient en réalité une ligne de crète assez inédite : ici, pas de plaisir sadique (rien à voir avec le massacre perpétré par une Nicole Kidman renouant avec son ascendance mafieuse), pas de masochisme (rien ne permet de s’apitoyer durablement sur le sort des personnages), pas de joie malgré tout comme dans Trois visages, mais pas de mièvrerie non plus. Improbable équilibre.

59 – hommage post-moderne

Jeudi 10 juin

Javier Marías et d’autres écrivains proposent une solution au problème que doit se poser tôt ou tard tout auteur actuel : comment écrire après la modernité (d’autres diraient : comment écrire après la mort de la littérature). François Bégaudeau, puis Tanguy Viel, Javier Marías – et Camille de Toledo mais dans une moindre mesure, ou plus exactement dans une mesure dont il semble à présent s’éloigner -, qui sont les auteurs contemporains qui m’ont le plus marquée ces derniers mois, alors même qu’un virage dans mon approche de l’écriture était amorcé (ce qu’on cherche, on le trouve et rien ne dit que ce qu’on cherche aujourd’hui on le cherchera encore à un autre moment) ont tous répondu de la même manière : s’il n’est plus possible de raconter des fictions, si le récit n’est plus envisageable, alors le narrateur doit le rendre nécessaire. Face à l’impasse de la narration il faut – justement – opposer la fatalité de l’histoire, son déterminisme. Opposer et imposer ce dont la littérature ne voulait plus, à savoir une histoire dans ce qu’elle a d’irrémédiable et de définitif.

Écrire aujourd’hui, c’est déplier dans le même mouvement la fiction et les lois internes qui régissent sa trajectoire. Écrire est construire des propositions qui savent à la fois raconter et commenter, décrire et justifier, narrer et expliquer, où l’un et l’autre sans cesse mêlés finissent par se fondre en un régime commun, de sorte qu’on referme le livre en étant persuadé (pas uniquement par le raisonnement mais par la somme des sensations que nous aura procuré le texte) que l’histoire (pas le texte : l’histoire) que l’on vient de lire devait être telle qu’on l’a lue : ses règles d’engendrement et sa forme ont acquis dans l’écriture la force de la nécessité.

Autre tentative de formulation : la fiction contemporaine expose en quelle façon elle est cause d’elle-même. Or, J. Marías est à mon sens un maître dans cette écriture étrange et puissante, cet art de la certitude (parfois il faudrait plutôt dire de la révélation). Le narrateur peut se permettre d’y aborder un thème sous différents aspects y compris les plus contradictoires, puisque toute affirmation sera tôt ou tard justifiée par le récit (telle péripétie viendra la confirmer). L’immense talent de l’écrivain est d’avoir su trouver une formule singulière et hyper efficace d’auto-engendrement narratif.

À partir de là, je ne vois pas une infinité de manières d’aborder le récit. Il sera soit une enquête après-coup, quand tout est fini et tout est trop tard pour modifier l’enchaînement des événements, soit l’exposition lucide d’un acharnement (celui de personnages à devenir ce qu’ils sont ; du hasard ; de la conjonction des deux) et dont le lecteur est témoin au rythme de son avancée. Non je n’en vois pas d’autres mais ce constat ne signifie pas qu’il faut s’abstenir de chercher encore.

58

Jeudi 10 juin

De nouveau, voici quelques citations et notes revenant sur un roman de Javier Marías, cette fois Comme les amours, que je viens tout juste de terminer. Plus que dans les deux précédents, l’auteur donne tous les signes d’un roman à l’eau de rose (y compris par le choix de son titre) et c’est en fait tout le contraire. Rien de plus désillusionné qu’un récit de Marías.

Extraits

« Il est un autre inconvénient à pâtir d’un malheur : pour qui l’éprouve, ses effets durent beaucoup plus que ne dure la patience des êtres disposés à l’écouter et à l’accompagner, l’inconditionnalité qui se teinte de monotonie ne résiste guère. T ainsi, tôt ou tard, la personne triste reste seule alors qu’elle n’a pas encore terminé son deuil ou qu’on ne la laisse plus parler de ce qui est encore son seul monde, parce que ce monde d’angoisse finit par être insupportable et qu’il fait fuir. »

« Je suis en train de te parler de moi-même mort, je constate qu’il t’est plus difficile qu’à moi de te l’imaginer. Mais tu ne dois pas nous confondre, moi vivant et moi mort. Le premier te demande quelque chose que le second ne pourra te réclamer ni te rappeler, ni savoir si tu le feras. Alors, qu’est-ce que ça te coûte de me donner ta parole. Rien ne t’empêche de ne pas la respecter,, c’est gratuit. »

« La force des faits est si terrifiante que chacun finit par être plus ou moins en accord avec son histoire, avec ce qui lui arriva et ce qu’il fit et ce qu’il cessa de faire, même s’il n’en croit rien ou ne le reconnaît pas. »

« à la longue tout n’est que données et rien n’a trop d’importance, chaque chose qui nous arrive ou qui nous précède tient en deux lignes dans un récit. »

« Et quand Louisa sera de nouveau mariée, et ce pourrait être d’ici à quelque deux ans maximum, le fait et la donnée, bien qu’identiques, auront changé et elle ne pensera plus d’elle-même : « Je suis restée veuve » ou « Je suis veuve », parce qu’elle ne le sera plus du tout, mais « J’ai perdu mon premier mari et chaque jour il s’éloigne davantage de moi. Cela fait si longtemps que le ne l’ai plus vu […] » »

« On ne sait pas ce que le temps fera de nous en superposant ses fines couches indiscernables, en quoi il peut nous convertir. Il avance à la dérobée, jour après jour, heure après heure, et pas à pas empoisonné, il ne se fait pas remarquer dans son labeur subreptice, si respectueux et attentionné qua jamais il ne nous bouscule ni ne nous effarouche. Il apparaît chaque matin avec sa figure invariable et apaisante, nous assurant du contraire de ce qui se passe : que tout va bien et que rien en change, que tout est comme hier – l’équilibre des forces -, que rien ne se crée et que rien ne se perd, que notre visage est le même et aussi nos cheveux et notre contour, que ceux qui nous aimaient, nous aiment toujours. Et c’est tout le contraire, en effet, à ceci près qu’il ne nous permet pas de le concevoir avec ses minutes traîtresses et ses secondes sournoises, jusqu’au jour étrange, impensable, où plus rien n’est comme il en avait toujours été […] »

« Je souhaitai que les deux hommes arrivent enfin à baisser la voix, pour qu’il ne dépende pas de ma volonté de ne pas en savoir davantage. »

« notre relation était circonscrite à ces rencontres occasionnelles chez lui, dans une pièce ou deux »

« votre obstination, qui souvent n’est qu’égarement, fait peur »

Notes

– Le souvenir des gens qu’on aime est entaché de leur fin (effet de contagion rétrospective)

question : et quand la personne n’a pas eu le temps de naître ?

– Présent : indécis (multiplication des options données par le narrateur, comme dans Jacques le fataliste) // passé : irréversible (sauf rebondissement)

– Les objets des disparus : ce qui leur reste de vie

question : quelle évolution, quelle vitalité attribuer à ces objets ?

– On ne peut regretter ce qui n’a pas été

– « quel malheur quelle chance »

– Les figurants de nos existences ./ ceux qui sont au premier plan

– « une désinvolture illimitée »

– Cette personne a-t-elle bien fait ce geste ou non ? Le temps passe, on n’en est plus très sûr.

57

Lundi 7 juin

« alors, avec un peu de chance, peut-être resterait-il près de moi parce qu’il finirait par ne plus bouger »

« Nous ne pouvons prétendre être les premiers, ou les préférés, nous sommes tout simplement ce qui est disponible. » (Comme les amours, Javier Marías)

56 – nécessaire

Samedi 5 juin

En partant, sans rien dire elle attrapa un instant le bras de Sarah J. un peu groggy à présent par les effets de l’anesthésie. Avec cette main posée furtivement, il était impossible de choisir si l’obstétricienne avait voulu donner avant son départ un signe d’humanité dans ce lieu si froid à la jeune femme alitée voire la réconforter, ou bien si elle s’accrochait à ce bras stable et solide, que Sarah J. laissait immobile sur son abdomen, afin de se soutenir l’espace d’un moment, à peine quelques dizièmes de seconde, et ne pas vaciller tandis qu’elle s’apprêtait à quitter la salle de travail.

Mais plus probablement ce geste était-il un simple automatisme, sans engagement moral et encore moins affectif de sa part, un mouvement entraînant un contact rien de plus. Peut-être même avait-elle fait ce geste d’innombrables fois, alors qu’elle avait accompli ce pour quoi elle était venue, que sa mission s’arrêtait là, juste avant que ne se déclenchent les contractions. Ou peut-être encore, de même que Sarah J. ne pouvait s’empêcher de se répéter intérieurement, tel un mantra inutile, qu’elle n’était pas tombée enceinte pour donner la mort à son enfant, l’obstétricienne continuait-elle à se dire, après des années d’exercice et probablement des centaines d’avortements, thérapeutiques ou non tout compris, qu’elle était là sinon pour donner la vie du moins l’accompagner, en permettre le cheminement et non y mettre fin, bien que le mal s’avére parfois, ici et là, de temps à autre, disons ponctuellement nécessaire. Car, se rassure-t-on ou tente-t-on de le faire, quand les choses ne se passent pas comme prévu il faut se convaincre que certains gestes pourtant abhorrés sont soudain devenus indispensables. Et ainsi, désirant désormais plus que tout supporter leur accomplissement, se donner du courage voire du coeur à l’ouvrage, le médecin comme le patient se rejoignent dans un semblable effort pour accepter le nouvel état de fait. D’où que l’on se place, quel que soit le rôle que l’on joue dans l’affaire, on se dit alors que si le malheur arrive c’est forcément par une autre sorte de nécessité, bien plus forte, bien plus écrasante que le simple et presque trivial mal nécessaire. Quelque chose que l’on sait ou plutôt veut croire irrémédiable a agi et transformé nos vies. On ne peut que s’incliner. Ce matin le chauffeur de bus a manqué le virage sur le pont de pierre, cela devait arriver. Après des années de lutte, de chimio et de radiothérapie telle femme a succombé à son cancer il ne pouvait en être autrement. Il était écrit quelque part que ce jeune homme mourrait dans un accident de moto. Il fallait que le foetus ne soit pas viable.

55 – souche

Samedi 5 juin

Les grands singes ont des gestes et des mimiques communs avec l’être humain, si bien qu’on pense que ces mouvements sont apparus avec leur signification avant la division de la souche d’origine. Les grands singes comme l’homme ont pour habitude d’éloigner d’eux leur main levée pour demander à ce qu’on les laisse tranquilles ; à l’inverse, ils peuvent la présenter paume ouverte pour obtenir un objet que tient leur interlocuteur ; ou encore, il leur arrive de venir la poser quelques secondes sur l’avant-bras d’un camarade malheureux pour le réconforter.