240 – précision

Mardi 12 juillet

Après relecture de ma dernière note sur Énorme, je voulais préciser un point car ce que j’écris donne le sentiment que finalement, Sophie Letourneur aurait mieux fait de s’abstenir de faire une comédie et de s’en tenir à filmer de vrais gens au travail.

Mon propos doit être, sinon corrigé, du moins complété. Dans ce film j’aurais aimé non pas moins de comédie, mais plus de comédie. Une ou deux scènes vraiment drôles m’auraient suffi. À mon sens, elles auraient fait passer le film du statut de comédie sympathique à celui de véritable chef d’œuvre, parce qu’on m’aurait ainsi baladée entre deux puissantes émotions (le rire, les larmes). Il n’aurait pas fallu grand-chose pour y parvenir. Ce constat me paraît d’autant plus clair que :

1) je suis très (très) bon public. En général une pirouette ‘involontaire », un Pierre-Richard se cognant à un mur, un dialogue de sourds qui se prolonge ou un bruitage débile répété, bref le B.A.BA du procédé comique provoque chez moi de longues minutes d’hilarité souvent, il faut dire, solitaire.

Ce point souligne s’il le fallait le caractère profondément subjectif de tout jugement critique. Cela ne signifie pas pour autant que d’autres ne partageraient pas mon avis. Une scène réellement mémorable, le pendant drôlatique de cette fin bouleversante, a manqué.

2) les deux acteurs principaux sont excellents. Ils avaient à n’en pas douter le talent nécessaire pour augmenter la dimension comique du film. Jonathan Cohen, tout en exubérance, semble déjà s’en donner à cœur joie ; en revanche le personnage de Marina Foïs, cantonné à une attitude perpétuellement hagarde et plutôt passive (sauf lorsqu’elle se rebelle et décide dans un mouvement convenu de s’affirmer enfin en tant que femme, avec « son corps ses désirs ses droits ») ne me paraît pas suffisamment exploité.

3) pour avoir vu certains court-métrages de S. Letourneur dont je viens de réaliser à quel point elle porte bien son nom, je sais qu’elle peut s’avérer extrêmement drôle. Je repense notamment à un grand moment où un groupe d’adolescents alcoolisés se mettaient à croire pendant une séance de spiritisme qu’ils étaient en train de parler à l’esprit d’Hitler. Disons que la scène était courte, mais intense.

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