181 – enthousiasmos

Dimanche 17 avril

Il faut dire ce que c’est que de se réveiller avec l’idée qui vous manquait depuis des semaines. Ça commence par une question arrivée là sans crier gare. On sort à peine d’un rêve déjà presque entièrement oublié, les paupières sont encore closes, et l’on se demande soudain : bon sang mais comment est-ce que je vais bien pouvoir l’écrire la fin de mon roman ? On ressort le cahier des charges, sa liste de désirs, de ce qu’il faut absolument faire passer dans l’écriture, se heurte à nouveau aux impasses, les mêmes, et dans le même ordre, s’en agace. Bref on a beau être encore tout brumeux on refait le match. S’apprête à le perdre à nouveau mais ce matin, sans raison apparente, arrive une solution. Limpide. Plus que cela : elle est l’évidence même. Et l’on regarde cette fois aller comme une vache le train qui passe le fil arrêté par un défaut d’imagination mille fois auparavant. On peut enfin voir la scène, comment elle sera racontée. Comment il faudra procéder. Le travail d’écriture ne sera peut-être pas plus facile mais là vraiment, aucune importance : la vision est nette. À six heures du matin, non sur un coin de table mais sur mon oreiller se produit parfois un petit miracle. Il justifie tout le reste.

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