45 – doubles

Jeudi 13 mai

De temps en temps je retourne à ce clip.

Il faudrait expliquer quel effet y produit le principe de répétition qui le structure de bout en bout, et plus particulièrement le court passage de 2 : 25 à 2 : 58 – we’re double sixing it. Y retournant – au clip et au passage – je retrouve, en à peine moins intense, mais uniquement à cause de sa courte durée, le même mélange – le même – de jubilation et de tristesse que dans le passage de Persona d’Ingmar Bergman où les deux héroïnes apparaissent alternativement en gros plan pendant que l’une d’elles produit un récit (le récit est alors double produit). Jubilation, tristesse. Dans la répétition quelque chose à chaque fois est terrassé. Quelque chose est comme écrasé, à la fois par le redoublement et l’inévitable décalage qu’il génère. Autrement dit : par le constat de la répétition et de l’arrivée, dans la répétition, de quelque chose de nouveau. Jubilation et tristesse, tristesse et jubilation, toutes deux ensemble, concentrées dans l’apparition d’un double.

Mais pour être plus précis encore, il faudrait connaître la chimie exacte que les répétitions visuelles et sonores opèrent dans le cerveau.

Doing it to death (the Kills), clip réalisé par Wendy Morgan 

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